Lanterne Accueil : flash automnal

Lanterne Accueil : flash automnal

sur les familles Makho et Ahmed

La rentrée s’est passée sans trop de difficultés pour les deux familles de demandeurs d’asile prises en charge financièrement par Lanterne Accueil et accompagnées par une petite équipe de bénévoles.

La famille Makho (Yousif et Linda, les parents, Mathio, Yara et Vinissa) s’autonomise peu à peu, conformément au « deal » passé avec Lanterne Accueil. Elle bénéficie de la solidarité tissée entre les membres de la famille de Linda éparpillés de Caluire à Décines et de l’appui de la communauté chaldéenne très soudée en région lyonnaise.

Yousif a réalisé quelques travaux de peinture chez un particulier, mais il lui reste à trouver un emploi durable. Linda conduit sa petite famille avec une autorité souriante. Vinissa a atteint l’âge de 6 mois. Yara au CM 2 et Mathio en 5e tiennent à peu près le coup. Ils trébuchent parfois sur les énoncés de leurs devoirs ou les exercices à faire, faute de maîtriser les fondamentaux de la langue, mais ils ne sont pas les seuls dans leurs classes, tant il y a un décalage entre les programmes scolaires et le vécu linguistique des élèves.
On peut envisager que cette famille de chrétiens originaires de Karakosh (près de Mossoul) arrivée à Lyon l’été 2016 se prenne en charge complètement au cours de cette année 2018/2019. Alors ce que nous souhaitions se réalisera : de l’assistance, nous passerons avec eux à une relation d’amitié et de partage moins asymétrique.
Cette famille s’est posée pour longtemps, croyons-nous, là où elle réside et s’entend bien avec la famille du propriétaire.

La famille Ahmed en provenance de Rakka, capitale de Daesh en Syrie, est à Lyon depuis seulement une année et a été très éprouvée, physiquement et moralement, par l’irruption des islamistes, l’exode forcé en Turquie et l’exil en France. De plus, ils n’ont pas encore obtenu de l’Ofpra la réponse à leur demande de statut de réfugié politique (il faut 18 mois en moyenne pour ce faire) et vivent à l’abri précaire d’une carte de demandeurs d’asile politique. Il s’agit pour nous de les remotiver, de leur redonner le goût de l’existence.

Pour Nezira, cela passe par la cuisine et le tricot, dont elle est experte.
Les enfants heureusement rebon-dissent. Rodin trottine, du haut de ses deux ans, dans l’appartement. Janyar (CM1) et Serdar (2de professionnelle au lycée Diderot à la Croix-Rousse) nous étonnent par leur progrès rapide dans l’apprentissage du français. Delyar (22 ans) fait un parcours plus compliqué, d’un cours d’apprentissage du français à l’autre (CIEF à Lyon 2, Alliance française cet été, UcLy ou fac Catho depuis la rentrée) avec pour objectif d’entrer dans un IUT d’informatique.

Assez vite, la famille Ahmed devra trouver un logement (social ou non), une fois le statut de réfugiés obtenu.

À ce propos, de l’expérience relatée par nos amis évangélistes de la rue Louis, nous apprend qu’il est très difficile de trouver une location par une régie surtout quand il s’agit d’étrangers…
Le plus facile évidemment, c’est de trouver par un réseau de connaissances.
Aussi, n’hésitez pas à en parler autour de vous et, si vous avez connaissance, d’une possibilité de location, meublée ou non, n’hésitez pas à nous en faire part.
Par avance, nous vous remercions de partager ce souci avec nous.

Ajoutons à ce tour d’horizon que l’équipe d’accompagnateurs se fatigue parfois sous le poids de démarches administratives complexes (des bureaux parfois incompétents tant la législation des réfugiés varie) et du suivi médical compliqué par l’écran linguistique et donc que du renfort serait le bienvenu, ô combien : merci d’avance pour votre écoute et votre réponse.

Daniel Rivet

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