Y a-t-il de guerres justes? Conférence de Louis Schweitzer

Malgré la douceur de cet après-midi printanier, il y avait du monde dans le temple pour débattre de ce sujet difficile et tellement d’actualité ! Avant toute chose, Christian Bouzy rappelle le culte œcuménique du 19 avril qui avait pour thème « face aux violences qui déchirent le monde, espérer avec Martin Luther King ». Il redit les références bibliques : les béatitudes chez Matthieu et cette parole du Christ, sur le bois de la Croix « père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! ». Est-il possible de mettre en œuvre jusqu’au bout ces commandements d’amour ? Quels principes nous guident ?
Louis Schweitzer prend la parole
Qu’est-ce qu’une guerre juste ? Devant ce mot « guerre », il y a trois attitudes différentes. Il y a la réaction cynique: c’est la loi du plus fort qui domine. Il y a la position pacifique : refus de la guerre. Entre les deux, il y a la guerre, juste avec un cadre (évidemment, la guerre injuste, c’est celle que l’adversaire fait ! ).
Ce principe de guerre juste existe depuis l’Antiquité… Pour les Égyptiens, quand on rompt un engagement, il peut y avoir guerre. Pour Cicéron (premier siècle avant Jésus-Christ) « Une guerre juste est une guerre défensive en vue de la paix. ». Pour être légitime, la guerre doit être déclarée en bonne et due forme par un gouvernement, ne commencer qu’en dernier recours ; dans les combats, on doit éviter la violence excessive, il n’est pas nécessaire de détruire.
Les penseurs chrétiens
Saint-Augustin et plus tard, Saint-Thomas d’Aquin… Il faut un cadre : la guerre doit être déclarée par l’autorité, sa cause est juste si l’agression est réelle. Il faut rechercher la paix… l’intention doit être droite. On ne doit combattre que des combattants.
1990 – Années 2000
Un nouveau droit s’installe : il s’agit de traiter avec l’adversaire pour avoir une paix durable… Il faut qu’il y ait restauration. Ces principes sont difficiles à mettre en œuvre : chacun se sentant dans son droit (légitime défense !). Le pape François n’a pas craint de dire que « toute guerre est un mal absolu », même si les Églises ont béni les canons dans les deux camps !
La non-violence essaye de casser ce cycle permanent des guerres ( chacune étant la justification de la prochaine ).
Le Christ parle de paix, de pardon, de réconciliation … Dans les 3 premiers siècles après Jésus-Christ, l’Église est globalement opposée à la violence mais au fil des siècles cela a changé ! (Toutefois, il faut citer deux particularités, celle des Anabaptistes et celle des Quakers: séparation volontaire entre l’Église et l’État… pour eux, la non-violence est totale.)
Aujourd’hui, pour la plupart des Églises, il vaut mieux être non-violent,
sauf si c’est impossible ! Pour l’intervenant, la position juste est la position non-violente.
Que faire quand la guerre est déjà déclarée ?
Je sers le Christ seul.e ou j’accepte.
L. Schweitzer cite Jacques Ellul… dans son livre « Contre les violents », cet auteur nous invite à travailler à la justice, à la paix, à la réconciliation tant qu’il est temps ! Travail en amont… pour chacun à son échelle !
De nombreuses questions, remarques suivent.
Faits historiques passés, présents, douloureux… colonialisme, résistance, terrorisme… violence dans la Bible ?
Pas de réponse tranchée mais : un appel au discernement, une exhortation à exercer notre responsabilité chrétienne dans la prévention, pour tous ceux qui considèrent le Christ comme autorité, supérieure à toute forme de gouvernement.
Annie Viollet
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