Célébration œcuménique dimanche 19 avril 2026

Célébration œcuménique  dimanche 19 avril 2026

Il y a 60 ans Martin Luther King arrivait à Lyon pour quelques heures, dans une ville encore fragilisée par les mémoires de la guerre, les blessures d’Algérie. Accueilli avec enthousiasme par plus de 3000 personnes entassées dans la bourse du travail, il était venu comme pasteur, pour parler simplement de la paix, de la responsabilité personnelle de chacun, et de son
engagement. Il parlait à tous, laissant à ceux qui l’écoutaient le sentiment d’entendre la parole d’un prophète.
Il y a de cela 60 ans…

Qu’en est il aujourd’hui ? Si, pendant des années, la paix s’est peu à peu reconstruite, nous vivons en ce moment une période troublée, où les guerres se multiplient, où la violence s’impose peu à peu partout dans le monde. Plus que jamais il nous faut entendre de nouveau la parole prophétique de Martin Luther King. Pour espérer à nouveau avec lui.
C’est dans ce but qu’a été organisée le 19 avril 2026 au temple de la rue lanterne, une célébration œcuménique : un temple plein à craquer ouvert à tous, un public écoutant avec la plus grande attention, une prédication nouvelle à plusieurs voix, celles de deux questionnants, Linda et Arthur, et celes de Christian Bouzy, notre pasteur, répondant avec Christian Delorme et Pierre Lathuilière, deux prêtres du diocèse, sur un thème ô combien délicat : le Pardon , un thème souvent évoqué par Martin Luther King.

Peut-on pardonner à tous ? À première vue, non : c’est contraire à notre nature trop centrée sur la logique donnant/donnant .

Or, sur la croix, Jésus demande à Dieu de pardonner ; Jésus fait ce que nous sommes incapables de faire naturellement : l’appel au pardon apparaît ainsi comme central dans la vie et l’enseignement de Jésus. Pardonner, ce n’est pas minimiser le mal qui m’a été fait, ce n’est pas non plus décider de l’oublier, c’est choisir de ne pas vivre dans le ressentiment, et aussi, accepter que celui qui m’a offensé ait le droit de vivre sans rester enfermé dans le mal qu’il m’a occasionné. Pardonner, c’est choisir pour soi-même et pour les autres la vie, c’est donner une nouvele chance.

Est-on capable de pardonner sans être croyant ? Nous, chrétiens, avons la chance d’avoir en Christ notre modèle, et nous avons besoin de lui pour parvenir à pardonner même à ceux qui nous persécutent. Martin Luther King n’a de cesse de nous appeler à puiser dans l’amour du Christ, lui qui a dit « père, pardonne-leur … ».

Le pardon, lorsque nous y arrivons, n’exclut pas pour autant que des actes lourds de conséquences fassent l’objet d’une condamnation par la justice pénale. Ainsi les viols et les meurtres : il faut dans ces cas-là que la vérité
soit faite, que les victimes soient reconnues comme telles, et que les coupables assument leurs actes.

Ces échanges ont été d’une extrême richesse, entrecoupés de chants, de prières partagées… que des propos tenus par Martin Luther King sont venus renforcer : « je crois que même au milieu du fracas des mortiers et du sifflement des balles, il y a une place pour l’espoir de lendemains plus lumineux … je crois que la vérité désarmée et l’amour désintéressé auront le dernier mot dans le monde des réalités… »
« L’amour nous fait vivre » …. Alors, choisissons la vie !

Catherine Lasserre

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