Noël au Temple

Noël au Temple

Chers amis,

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure »… Surtout en ce mois de décembre 2020, obligés au couvre-feu depuis le mois d’octobre et chaque jour, avec la diminution du temps de lumière, nous étions incités à nous coucher tôt.

Puis soudain, au bout de l’attente, est arrivé le 24. Tous les possibles perdus sont devenus permissions rendues pour la soirée et pour la nuit entière.

C’était le temps du culte de Noël au temple de la rue Lanterne.

Bon, 19h, l’heure était pondérée, mais les contraintes dues aux inscriptions anticipées nécessaires, aux distanciations requises, et au port du masque indispensable, ont peut-être incité les familles à ne pas braver l’inattendu. Nous étions pourtant nombreux ce soir-là dans le temple.

Noël est la célébration d’une famille exilée, minimaliste et dans l’indigence. Par la naissance d’un humble enfant, cette famille apporte au monde une lumière et une tendresse tant attendues.

Noël reste aussi la fête la plus « familiale ». Sans doute parce que, tous, nous avons traversé ce pays reculé de l’enfance. Il nous en reste une certaine nostalgie. Nous avons vu les places attribuées à chacun évoluer au fil du temps. L’enfant est devenu parent, puis grand parent et parfois plus encore. Actualisés pour chacun, à chaque fois dans le vécu de la fête, ces points de vue évolutifs dans notre famille et interdépendants, provoquent des émotions. Et que dire du trouble des personnes qui se sentent « dés-enfantées », « illégitimes » ou « rendues solitaires » dans les postures familiales qui se sont succédées. Le culte de Noël peut apporter une méditation émancipatrice.

Entendre Ute et Guy, en répétition à la flûte et à l’orgue était porteur, j’ai d’autant plus apprécié leur accompagnement des cantiques et la musique de Haendel mieux encore déployée pour le culte.

Dans sa prédication, le Pasteur Christian Bouzy a réuni les deux textes de Matthieu 1. 18 et 2. 15 aux vers de Friedrich Hölderlin « Proche et difficile à saisir est Dieu. Mais là où est le danger, là grandit ce qui sauve ! ». Le poète nous emmène directement vers ce mystère qui nous relie à Dieu.

Je vous invite à relire Mathieu 1.18 et à considérer la présentation de Joseph « homme juste », hésitant et protecteur. Position paternelle à l’opposé des fonctions patriarcales abusives qui bouleversent notre société actuelle.

J’ai saisi la portée de la prière d’intercession à quatre voix, pour ces appels vers Dieu, dans notre incertitude partagée.

J’ai aimé voir en l’enfant qui allumait avec soin une bougie du buisson ardent, l’enfant que j’avais pu être, y voir chaque enfant de notre temps et voir enfin cet enfant de la nuit de Noël qui est annoncé comme porteur d’une parole nouvelle. J’aimerais aussi garder à l’esprit que la liturgie commence avec ce temps de Noël.

J’aimerais que ces évocations vous apportent la lumière et la tendresse de ce moment de culte.

Laure Exertier

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