La Cimade à Lyon : du travail pour tous !

La Cimade à Lyon : du travail pour tous !

En cette fin d’année scolaire, faisons le point, succinctement, sur ce que fait La Cimade à Lyon.

Le Groupe local est toujours installé au 33 de la rue Imbert-Colomès, à mi-pente. Depuis cet hiver, l’équipe régionale a quitté cette adresse pour occuper des locaux loués par l’Entraide Protestante, boulevard Gambetta.

Le Groupe local compte quelque 150 membres, ce qui en fait le groupe le plus nombreux de France. Très majoritairement, des retraités (stables) et des étudiants (plus ou moins éphémères). Tous les bénévoles reçoivent une formation, généralement assurée par les salariées régionales. Les activités sont très diverses, ce qui permet à tout un chacun de trouver sa place, quelles que soient les compétences et la disponibilité.    

D’abord, l’accueil et l’accompagnement juridique de personnes étrangères, dans ses six permanences : Lyon 1er, Foyer protestant de La Duchère, Espace Protestant Théodore Monod de Vaulx-en-Velin, Bron, Vénissieux et Villeurbanne. En 2018, plus de 4 000 personnes ont été entendues, et 747 dossiers de suivi ouverts. Il faut bien connaître le Code de l’Entrée et du Séjour des Étrangers et des Demandeurs d’Asile (CESEDA) pour œuvrer dans cette activité. D’autant plus que les termes législatifs et réglementaires de ce code changent très fréquemment, et que même les services préfectoraux ne s’y retrouvent plus parfois.

Deux permanences d’accueil sont dédiées, l’une aux femmes en grande difficulté, l’autre aux malades étrangers. Sept bénévoles ont reçu quelque 500 femmes, dont plus de la moitié, avec enfants : solitude, absence de toit, violences subies… Elles peuvent parler en confiance, échanger, être entendues. Chaque fois que possible, la permanence les oriente vers des solutions précises selon les besoins. Depuis la fin des années 90, les étrangers malades relèvent d’une procédure particulière de droit au séjour. Ce droit est cependant de plus en plus restreint.

Les TCL ont donné leur agrément à quatre bénévoles pour aider les personnes qui en ont le droit à constituer leur demande de réduction sur le réseau de transport en commun lyonnais.

Deux prisons sont régulièrement visitées par les membres du groupe régional « Prisons » : Corbas et Villefranche. La procédure d’agrément est longue. Les situations des personnes sont souvent inextricables. Que conseiller à un prisonnier qui, à sa sortie, ne sera ni régularisable ni expulsable ?  Notre législation est parfois kafkaïenne. 363 personnes ont été rencontrées, en liaison avec les services pénitentiaires qui au demeurant subventionnent La Cimade pour son travail.

Un groupe, constitué à nouveau pour chaque campagne, est chargé d’effectuer des « veilles citoyennes », c’est-à-dire d’observer comment se déroulent les audiences du tribunal juge des libertés et de la détention, ou du tribunal administratif, qui ont notamment à connaître de la situation des personnes enfermées au Centre de Rétention Administrative de Lyon-St-Exupéry. Cette action est lourde et méticuleuse, et se fait par période limitée, en partenariat avec d’autres groupes (Ligue des Droits de l’Homme, commission Étrangers du Barreau des Avocats..). Elle se conclut toujours par un rapport d’observation.

Près de 200 personnes se sont inscrites, en 2018, dans l’un des 14 ateliers sociolinguistiques animés par nos bénévoles, pour apprendre notre langue ou s’y perfectionner. Ces cours sont évidemment gratuits.

Chaque année depuis 2011, La Cimade organise en novembre le festival « Migrant’scène ». L’an passé, dix manifestations ont été présentées à des publics très variés: films-débats, concerts, expos, etc. Souvent en partenariat, notamment avec le Centre Culturel Œcuménique de Villeurbanne, la Bibliothèque municipale de la Part)Dieu, la MJC du 7ème… Migrant’scène est soutenu par la Direction Régionale des Affaires Culturelle, et par certaines municipalités, dont celle de Lyon.

La Cimade dispose de l’agrément du ministère de l’Éducation nationale pour intervenir dans les écoles et établissements scolaires, publics et privés. Une vingtaine d’interventions ont eu lieu, rassemblant souvent plusieurs classes, en liaison bien sûr avec les enseignants. Les exposés et débats portent beaucoup sur le vocabulaire : de quoi, de qui parle-t-on quand on parle de l’immigration, des étrangers, des migrants, des demandeurs d’asile, des clandestins, des exilés…

Le groupe des Solidarités internationales rassemble surtout des jeunes passionnés par la questions des migrations dans le monde, et initie des actions de plaidoyer auprès des décideurs.

La Cimade n’agit que rarement seule. Les partenaires sont nombreux. Les plus proches sont réunis au sein du Comité Interassociatif de Défense des Droits des Étrangers et rassemble autour de La Cimade, Médecin du Monde, les Amoureux au banc public, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) et la Ligue des Droits de l’Homme. La Cimade est par ailleurs membre de la Coordination Urgent Migrants (CUM), constituée en 2015 à l’initiative du diocèse.

Enfin, grâce à l’action persévérante et joyeuse d’une petite équipe de bénévoles chevronnées, le groupe local se retrouve, avec chaque fois quelques invités, tous les premiers vendredi de chaque mois en principe, autour d’un déjeuner convivial.

Le travail ne manque pas : toutes les bonnes volontés sont les bien venues !

Yves Grellier

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