PÂQUES, D’ABORD UN SILENCE…

PÂQUES, D'ABORD UN SILENCE…

Dans la finale de l’évangile de Marc (dans sa version origine le), l’annonce de la résurrection suscite d’abord un silence. Cela étonne, car la proclamation de Pâques se vit aujourd’hui dans la plupart des églises chrétiennes « avec tambour et trompette » c’est à dire avec abondance de chants, de musique et de paroles.

Mais pour les trois femmes qui se sont rendues devant le tombeau de Jésus pour constater qu’il était vide, leur chemin de foi commence par un silence.

Ceci est important à souligner alors que notre monde est saturé de bruits divers et variés qui empêchent toute véritable écoute. De même qu’une partition de notes musicales sans silence ne produit qu’une cacophonie, un discours sans silence ne peut donner un récit qui fait sens, avec une mélodie inspirante.

L’espace médiatique est occupé par les bruits de bottes et les guerres spectaculaires, par les puissants de ce monde qui s’emploient à faire la une des journaux aussi souvent que possible. Et pendant ce temps, perdurent des crises humanitaires dont on ne parle plus. Ainsi  » des centaines de milions de personnes vivent aujourd’hui dans des pays marqués par des conflits prolongés, des déplacements forcés et l’effondrement des services
essentiels (en eau potable, en alimentation et soins de santé). Parmi les pays touchés par ces crises que l’on oublie, il y a le Soudan, la République démocratique du Congo, l’Afghanistan et d’autres régions du Moyen Orient…

Loin de moi l’intention de culpabiliser mes lectrices et lecteurs. Mon propos est plutôt de nous appeler collectivement et individuellement à prendre de la distance par rapport à ce que nous servent quotidiennement les grands médias, et à les mettre en silence. Il y a de grandes chances que ces temps de silence et de retrait du monde nous ouvrent sur des récits autrement plus inspirants. Je pense aux récits bibliques mais aussi aux témoignages de nos frères et sœurs au Moyen Orient, en Afrique et dans tous ces pays avec lesquels notre église est en lien par l’intermédiaire du DEFAP. Ces frères et sœurs dont les grands médias ne parlent pas, et qui témoignent de leur souffrance et des ravages de la guerre, mais aussi de leur résistance et de leur espérance malgré tout.

Et plus près de nous, c’est aussi le silence qui nous ouvrira à l’écoute de celles et ceux qui ne font pas de bruit et et dont la voix est étouffée par le vacarme ambiant.

Dans un monde saturé de bruits chaotiques, Pâques ouvre une brèche de silence qui donne sur un récit d’espérance. Entrons en résistance contre la tentation de la toute puissance qui cherche à remplir tous les vides.
Plaçons notre confiance dans le Ressuscité qui s’est abaissé jusqu’à en mourir pour qu’aimer soit possible.

Christian Bouzy

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